Ou comment remonter le temps et instaurer le doute dans l'esprit des lecteurs.
Le jeudi est le jour du"Je dis". Je dis un mot, celui qui passe juste au moment où je vais en dire un, et j'attends de voir ce que ça me dit.
Aujourd'hui je dis vendredi.
Vous êtes nombreux à l'aimer ce cinquième jour, c'est d'ailleurs certainement ce qui explique son passage répété dans ma tête depuis lundi.
Vendredi, veille voire début du week-end ou si vous préférez veille voire début de la fin de la semaine... vendredi début de la fin? Non, il n'y a aucune raison pour que votre week-end se passe mal (tout comme il y a toutes les raisons possibles pour que ce soit une catastrophe absolue, mais ne tenant pas à désespérer mes lecteurs je resterai sur la 1ère hypothèse comme le laissait prévoir la présence duNon en début de phrase).
Vendredi, "Le jour du poisson" pour les catholiques, pour les juifs "Le jour de la préparation du shabat", "Le jour saint" de l'Islam.
Vendredi et les limbes du Pacifique et Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier.
Vendredi, du latin Veneris dies, littéralement "Le jour de
Vénus", déesse de l'amour et de la beauté dans la mythologie romaine.
Vénus aussi connue sous le nom d'Etoile du Berger, astre depuis toujours considéré come le plus beau du ciel, le plus lumineux après le soleil et la terre.
Vénus aussi connue sous le nom de Vénus de Milo, sculpture antique symbolisant l'idéal de la beauté féminine. Actuellement exposée au musée du Louvre, les bras de la statue sont manquants, probablement cassés avant sa découverte dans une grotte. Le nom du sculpteur ainsi que l'année de fabrication sont inconnus.
Vendredi, le jour vous n'avez ni l'envie ni les capacités physiques ou intellectuelles pour ingurgiter autant de connaissances (seulement le vendredi?). N'étant pas totalement sadique, je vous laisse le week-end pour digérer ce billet...
Charles Marie LECONTE DE LISLE - Vénus de Milo
"Marbre sacré, vêtu de force et de génie, Déesse irrésistible au port victorieux, Pure comme un éclair et comme une harmonie, O Vénus, ô beauté, blanche mère des Dieux!
Tu n'es pas Aphrodite, au bercement de l'onde, Sur ta conque d'azur posant un pied neigeux, Tandis qu'autour de toi, vision rose et blonde, Volent les Rires d'or avec l'essaim des Jeux.
Tu n'es pas Kythérée, en ta pose assouplie, Parfumant de baisers l'Adonis bienheureux, Et n'ayant pour témoins sur le rameau qui plie Que colombes d'albâtre et ramiers amoureux.
Et tu n'es pas la Muse aux lèvres éloquentes, La pudique Vénus, ni la molle Astarté Qui, le front couronné de roses et d'acanthes, Sur un lit de lotos se meurt de volupté.
Non ! les Rires, les Jeux, les Grâces enlacées, Rougissantes d'amour, ne t'accompagnent pas. Ton cortège est formé d'étoiles cadencées, Et les globes en choeur s'enchaînent sur tes pas.
Du bonheur impassible ô symbole adorable, Calme comme la Mer en sa sérénité, Nul sanglot n'a brisé ton sein inaltérable, Jamais les pleurs humains n'ont terni ta beauté.
Salut ! A ton aspect le coeur se précipite. Un flot marmoréen inonde tes pieds blancs; Tu marches, fière et nue, et le monde palpite, Et le monde est à toi, Déesse aux larges flancs!
Iles, séjour des Dieux ! Hellas, mère sacrée! Oh ! que ne suis-je né dans le saint Archipel, Aux siècles glorieux où la Terre inspirée Voyait le Ciel descendre à son premier appel!
Si mon berceau, flottant sur la Thétis antique, Ne fut point caressé de son tiède cristal; Si je n'ai point prié sous le fronton attique, Beauté victorieuse, à ton autel natal;
Allume dans mon sein la sublime étincelle, N'enferme point ma gloire au tombeau soucieux; Et fais que ma pensée en rythmes d'or ruisselle, Comme un divin métal au moule harmonieux."
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