Les voisins.
Vous savez ce que c'est ce soir? Un mardi soir? L'avant-dernier du mois de mai? Le dernier avant la fin officielle et irréversible du quizz ciné de la semaine dernière? Oui, oui et OUI (notez ces majuscules, elles ne sont pas innocentes, les majuscules ne sont jamais innocentes) MAIS c'est aussi la 7ème édition de l'opération"Immeubles en fête - La fête des voisins", "... l'occasion de rencontrer ses voisins pour développer la convivialité afin de rompre l'anonymat et l'isolement qui règnent souvent dans nos villes." (sic)
Si vous habitez une maison, un château, une hutte, un igloo (liste non exhaustive) et/ou à la campagne, vous n'êtes pas concernés et pouvez continuer à ignorer vos voisins. Mais pensez aux autres. A moi. Rencontrer mes voisins ? Pour quoi faire ? Je me passe très bien d'eux ! Si les géniaux inventeurs de cette idée aux forts relents de cauchemar les connaissaient ils auraient déjà rangé leurs cotillons et leurs 10 conseils stupides pour s'exiler sous d'autres cieux...
Vous n'avez aucune envie de faire la fête avec vos voisins ? Suivez-donc mes 3 conseils pour y échapper:
1 . N'en parlez pas à vos voisins: facile, vous ne vous parlez jamais.
2 . Soignez la publicité: un écriteau "NE PAS DÉRANGER" sur la porte d'entrée fera très bien l'affaire.
3 . Soignez l'ambiance: au choix, votre musique préférée, volume maximum (si vous êtes allergique au hard-métal prévoyez les boules quiès) ou le réaménagement de votre appartement (plus fatigant mais très efficace).
Ça va être votre fête ce soir les voisins !
Georges BRASSENS - Les voisins
"Si j'étais tout-puissant demain Je n'irais pas par quat' chemins, Et ferais passer par le fer Tous les voisins de l'univers. Dans un moment, quand vous saurez Tout ce qu'ils me font endurer, Vous direz en votre âme : "Il a Raison d' vouloir être Attila."
{Refrain:} Les voisins sont tous des sal's types Les voisins sont tous des sal's gens.
Ces gens auxquels je n'ai rien fait, Auxquels je montre un tact parfait, Passent leurs jours, passent leurs nuits A me susciter des ennuis. Ils possèdent un Mistigri Qui croque toutes les souris, Sauf les miennes bien entendu Car ils le lui ont défendu.
{Refrain}
Mais en revanche il prend bien soin De ne pas faire ses besoins Ailleurs que sur mon paillasson, Comme on lui en fit la leçon, Et puis ils vont criant partout Si je jett' la pierre au matou : "Il met ça sur le dos du chat, Mais c'est lui qui se soulagea!"
{Refrain}
Et dans tout le quartier bientôt, Je passe pour un Hottentot Qui s'acharne à souiller, souiller Les paillassons mal surveillés. Lors quand je vais déambulant, Chacun me fait l'affront sanglant De mettre au fur et à mesur' Tous les paillassons en lieu sûr.
{Refrain}
Ma grand-mère âgée de cent ans M'adore et vient de temps en temps Faire un séjour en ma demeure. Ils trouvent ça contraire aux mœurs, Ils font entendre à mots couverts Que je suis un affreux pervers, Un incestueux garnement Qui couche avec sa grand-maman.
{Refrain}
Et, comme pour les paillassons, Tous les crétins à l'unisson, Afin d'm'empêcher d'les violer Mettent leurs grand-mères sous clef. En outre, la société Protectric' des vieux maltraités Me combat de tout son pouvoir Et m'inscrit sur sa liste noir'.
{Refrain}
Ayant un jour lavé mes pieds, J'attendais la femm' d'un pompier, Sûr d'abuser d'elle à huis clos. J'avais compté sans ces salauds. Comm' dans l' couloir il faisait nuit Et qu'elle ne trouvait pas mon huis, Elle alla tirer par erreur Le cordon de mes dénigreurs.
{Refrain}
Ils lui répondent : "Ce citoyen Habit' le taudis mitoyen, Mais quand vous sortirez d' chez lui Portez donc vos pas à Saint-Louis." Alors ma visiteuse, à corps Perdu, partit et court encor', Et je dus convenir enfin Qu' j'avais lavé mes pieds en vain.
{Refrain}
L'affair' ne se borna pas là, De nouveau, tout l' monde en parla, Et les sapeurs-pompiers d' Paris Me clouèrent au pilori. Ils retirèr'nt par précaution Leurs femm's de la circulation Et promir'nt d'être sans émoi Si jamais l' feu prenait chez moi.
{Refrain}
Je passe ainsi pour un garçon Qui s'oublie sur les paillassons, Qui viole les vieilles grand-mèr's, Qui contamine les pompièr's. Maintenant que vous savez tout, Vous donnez votre accord sans dou- Te à mon zèle exterminateur De cette bande d'emmerdeurs. Et comme on n'en finirait plus Permettez qu'ici je conclue En sonnant encor' le tocsin Contre l'engeance des voisins."
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