Le lecteur.
Quand le chant du coq m'a réveillée aujourd'hui j'ai tout de suite senti que je n'étais pas d'humeur pour un billet d'humeur.
Son écriture requiert en effet une disposition d'esprit particulière qui... pardon?
- Vous avez vu l'heure?
- 20H15?
- Non, 20H16. Et ce n’est pas la première fois que le billet d’humeur arrive en retard! Lundi 29 mai 2006: 12H15. Mardi 30 mai 2006: 18H05. Mardi 06 juin 2006: 13H26. Lundi 19 juin 2006: 21H46! (votre record à ce jour, mais à ce rythme si je n’interviens pas vous allez sans peine le battre!).
Au début pourtant le service était irréprochable. Le billet était livré le matin, vers 6H, il était déposé sans bruit alors que je dormais encore et à mon réveil il était là, tout frais, parfois excellent, d'autres, il est vrai, bien moins réussi, mais toujours au rendez-vous. Certains matins il était assez dur, je devais m’y reprendre à deux, voire trois fois, pour en venir à bout (quelques points sont même restés à jamais incompréhensibles) mais si sur le coup je ne vous ai guère bénie, je vous le concède, maintenant, quand j’y repense, c’est avec tendresse, les yeux humides, un brin de nostalgie à la main. Car ce temps est malheureusement bel et bien révolu.
20H16… Un tel relâchement est proprement inacceptable. Au prix auquel je vous paye! Non, ça ne peut plus durer: j’exige le retour à son heure normale du billet d’humeur.
- Euh… vous me payez?
- Les clics à droite.
- Vous ne cliquez pas tous les jours!
- Je vous l’accorde, j’oublie parfois, mais si vous reprenez votre ancien rythme je vous promets de le faire systématiquement, même si le billet est râté. D’autres questions?
- Une réflexion plutôt: vous avez un réel talent pour l’écriture!
- Vous trouvez?
- Absolument.
- Vous me flattez, c'est tout!
- Non non, croyez-moi! J’aime votre style. Le "brin de nostalgie à la main", c’est bien trouvé! Et si vous vous associiez à moi?
- Je n’y avais jamais pensé mais si vous me dites que j’ai du talent…
C'est d'accord, j’accepte votre proposition! Par contre si je pouvais ne travailler que sur les billets d’humeur livrés le soir, le matin je dors moi…
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