Je m'baladais sur l'avenue, le cœur ouvert à l'inconnu, j'avais
envie de dire bonjour à n'importe qui. N'importe qui et ce fut toi, je
t'ai dit n'importe quoi, il suffisait de te parler pour t'apprivoiser.
~ Toi: la brebis mi-tondue posant pour la postérité et, par la même occasion, pour la promotion du Centre Pompidou.
~ Que t'ai-je dit? Que tu devais avoir bien froid,
surtout sur ton flanc gauche, à moins qu'il ne s'agisse du droit pour
peu que ton image aie été retournée... enfin, quelque flanc que ce
soit, gauche ou droit, tu devais avoir bien froid (mais ce n'était pas
un peu à cause de moi).
Qu'il devait bien y avoir une raison raisonnée à la présence à tes côtés, devant toi devais-je dire, d'ailleurs je le dis, de cette citation d'Albert Camus extraite de son livre Le mythe de Sisyphe: "Si le monde était plus clair, l'art ne serait pas". Une petite recherche et je trouvai ceci cela: "Pour
Camus, l'homme doit prendre conscience de sa position absurde dans un
monde absurde. Obscurité de l'univers, de la vie, de l'existence.
L'œuvre d'art ne libère pas l'homme de l'absurde, ce n'est pas un
refuge. Bien au contraire, le créateur est un homme absurde. "L'œuvre absurde exige un artiste conscient de ces limites et un art où le concret ne signifie rien de plus que lui-même"."
Que tu étais une oeuvre d'art (conclusion tirée de la recherche sus-mentionnée).
Que le monde ne devait pas te sembler très clair à toi non plus avec ce texte qui bouchait ton horizon.
~ Une fois apprivoisée, je te ramenai chez moi.
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